Chroniques Hokkaïdoises - 今昔物語
Un grand merci à Manu, Patrick et Nicolas pour m'avoir permis d'assister à ce superbe concert et d'y
prendre ces quelques photos en backstage. L'album est excellent, et la prestation scénique vraiment géniale. Très belle voix, belle énergie des musiciens et sacré batteur, le cd ne décolle plus
de la platine. Mention spéciale pour Cowboy, Tes cicatrices, Sur mes lèvres et Dis moi un secret d'une rare sensibilité. A très bientôt au Japon pour une nouvelle dégustation d'Awamori tous
ensemble, yoroshiku ne !
Très chouette concert des France Cartigny en première partie de "Manu" le 16 octobre à la Boule Noire et un
grand merci à France pour son accueil chaleureux. Les chansons sont vraiment originales et les compositions pop-rock font plaisir à entendre. On appréciera notamment le beau coup de caisse
claire de la dame et les chouettes riffs du guitariste. Excellent souvenir, on leur souhaite beaucoup de bonnes choses pour la suite! (Merci à Pili pour les conseils techniques des photos)
Idem revient avec un nouvel album très attendu par les amateurs de musique originale et novatrice. Comme dans les précédents opus, la marque du groupe est immédiatement reconnaissable dés les premières mesures et l’ouverture de « Who or what ? » avec ces nappes de synthétiseurs aériennes suggèrent d’étranges paysages post-industriels que des riffs de guitares inspirés viennent aussitôt déchirer avec un féroce appétit. « Up to good » pose une ambiance éthérée sur les paroles de Loone dont le phrasé évoque un monologue intérieur torturé dans une ambiance rock acérée. « E.C.O.W. » offre un bel écrin syncopé pour Isabelle Ortoli dont la voix reconnaissable entre toute donne des élans gothiques à un dub noisy de haute volée. L’un des points forts de l’album, « Show your right on » cogne avec précision et invite à une descente dans les ténèbres qui rappelle la bande originale de « Dead man » et les guitares saturées de Neil Young. On imagine une croisière maudite sur les eaux d’un fleuve perdu au cœur d’une jungle peuplée de peuples archaïques idolâtrant des dieux sans nom.
« Trauma » et « Stinking flies » sont beaucoup
plus rock et les paroles scandées comme une tentative d’auto persuasion sur des trames hypnotiques provoquent l’hébétude et une sourde mélancolie. « Extrod erty» clôt cette troublante
session comme un hymne à la ruine, progressant lentement vers une fusion sonore aux décharges telluriques qui percent un espace sonore où seul le silence finit par régner. Idem demeure l’un des
groupes les plus innovants de la scène française dans cette recherche constante d’un équilibre entre la sérénité et le chaos sonore, inventant une musique nouvelle à forte tendance
cinématographique.
Excellente initiative du trio angevin, la sortie de cette compilation fort inspirée est une belle occasion de faire le point sur cette formation trés intéressante du paysage musical francophone. A la croisée de nombreuses influences, Idem délivre un rock industriel teinté de dub, s'aventurant dans des territoires ambiants et noisy encore vierges. Si leur musique est sombre, voir franchement oppressante, elle invite aussi aux voyages cinématographiques et il n'est pas aisé de la qualifier facilement. Depuis la sortie de leur premier opus en 2004 qui ouvrait leur triptique "Aérobiose", le groupe n'a cessé de construire un univers singulier et structuré autour de la rigueur quasi martiale d'une armature basse-batterie en béton armé et d'une guitare aussi incisive que planante. Ce disque sous forme d'épilogue vient donc clôre la trilogie "Waterglass Color-Aérobiose-Out Immer" et propose une sélection rigoureuse du savoir-faire d'Idem en matière de composition musicale. On s'embarque donc pour un voyage post apocalyptique en poussant le volume des basses comme il se doit et c'est un sacré plaisir que de redécouvrir le superbe "Dub'oith" d'entrée de jeu. Une ligne de basse reptilienne vient entourer un rythme de batterie dont chaque coup de caisse claire fait redouter le suivant tellement la sauvagerie presque sadique de cette rigueur syncopée est redoutable. La guitare lacère l'espace alors qu'une voix torturée égraine une série de chiffres qui pourrait bien être le compte à rebours avant la fin du monde. Du grand art. "And a" le titre suivant ne ternirait pas la bande originale d'un film noir tellement là aussi l'auditeur est aussitôt saisi à la gorge dès les premières secondes. L'ambiance est lourde, la tension presque palpable.
Ce qui est vraiment intéressant dans ce projet discographique c'est de pouvoir sentir le groupe évoluer d'une production a une autre tout en restant tout à fait cohérent. Ainsi "Aimless one" chavire dans un rock presque métal alors qu'un fou furieux hurle un refrain implacable (on reconnait ici la verve enfièvrée du trés inspiré Mc Blueveiner). Les autres morceaux n'ont rien à envier aux précédents alors qu'une multitude d'images traversent l'esprit et l'on pense inévitablement à des groupes comme Hint pour ses atmosphères schyzophréniques, voir The Cure, pour la façon de gérer la géographie sonore des compositions. Mention spéciale pour le titre éponyme du projet, "Aérobiosis" qui laisse présager du meilleur pour un troisième album que l'on attend impatiemment. Enfin, quatre plages vidéos nous donnent une belle idée des performances live d'Idem et de l'attention particulière qu'ils mettent à soigner le visuel de leur concert grâce à une équipe fort talentueuse. Un best-of à se procurer d'urgence pour ceux qui auraient manqué la trilogie d'Idem à qui l'on souhaite le meilleur.
En souvenir de la rue Dardenne
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