Chroniques Hokkaïdoises: 今昔物語

 

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Samedi 10 mai 2008



Le duo parisien signe ici son troisième album après le très remarqué « Rock it tonight » sorti en 2002. Le style de Patrick Bylebyl et Guillaume Metenier est toujours aussi original et ce sens aigu du groove qui caractérise leur musique arrive à pleine maturité. Lignes de basse et rythmique dub d’une grande finesse, ambiances jazzy enfumées et house aux sonorités très soul, ce « Dub Club Edition – Rock with me sessions » recèle quelques morceaux remarquables. La voix suave et sensuelle d’Angélique Willkie (ex Zap Mama) ajoute un cachet supplémentaire à ces mélodies vraiment originales. On appréciera aussi le featuring de Paul St Hilaire (Rythm&Sound) sur « U&Dem » dont la voix hypnotique colle à merveille au rythme up-tempo du morceau et à ses claviers très atmosphériques. Les incursions toastées sont quant à elles plus anecdotiques et l’on préférera largement les morceaux aériens où l’harmonica de Christian Biffi rappelle les meilleures compositions de Little Axe.

Mention toute particulière pour le remix de « Running away » par Noiseshaper qui signe le meilleur morceau de l’album avec une ligne de mélodica entêtante à souhait et peut-être l’un des meilleurs riddims de ces cinq dernières années. Seven Dub se taille la part du lion dans cette synthèse délicate de musique électronique à forte orientation house et de dub-jazz jouée live.

Mardi 15 avril 2008

Mercredi 6 février 2008

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Mardi 5 février 2008
Vendredi 14 décembre 2007

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Dimanche 8 juillet 2007

Pour tous les japonais du Hokkaïdô, l'été c'est avant tout le moment des "Gengis Khan", les barbecues de mouton qui fleurissent un peu partout devant la moindre maisonnée et que l'on se presse d'engloutir en famille ou avec des amis à grandes lampées de bière glacée "Sapporo Classic". L'été c'est aussi pour certains le moment privilégié de réécouter en boucle les excellentissimes Fat Freddy's Drop de Nouvelle-Zélande, découverts ici même il y a déjà 5 ans de cela. Leurs morceaux n'ont pas pris une ride depuis tout ce temps, et même mieux, à l'image d'un bon vin, ils n'ont fait que s'embellir. Tout a vraiment commencé avec un maxi vynil incroyable, Hope & Bluey, qui n'a cessé de fasciner un nombre d'initiés de plus en plus importants de par le monde. DJ Fitchie, géant vaudou doté d'un sens du groove extraordinaire a composé ses deux morceaux de plus de 15 minutes chacun en étroite collaboration avec Joe Dukie, le Marvin Gaye maori à la voix de velours. Après un premier album remarqué, "Based on a true story" en 2005, il n'y avait pas eu grand chose à se mettre sous la dent malgré quelques remixes sympathiques. C'est bien pour ça que l'on attendait avec impatience de mettre la main sur leur Dvd, "Fantastic voyages vol.1" sorti il y a quelques mois de cela et relatant leur tournée en Europe. C'est chose faite, et on peut dire que les fans seront comblés! C'est vraiment une expérience unique de voir le septet évoluer en live pour des morceaux de fou littéralement transcendés. Ces titres de dub gorgés de Soul méritent une écoute attentive tellement ils sont originaux et profondément jouissifs. Dans cette tournée, c'est bien simple, tout est excellent: on y découvre un groupe en parfaite harmonie, totalement investi par la musique qu'il créé, dans une fusion qui touche au spirituel. Et quelle voix! Joe Dukie est probablement le plus grand chanteur de Soul de ces dernières années, tous genres confondus. Il suffit de l'entendre feuler "Tell me, what's a world without soul" pour enviseager l'étendue de son talent. La section de cuivre n'est pas en reste elle non plus et l'on appréciera particulièrement les facéties de Hopepa, leur trombone vraiment sympathique. Jetlag Johnson colle des solos de guitare endiablés à tout va, Dobie Blaze assure les claviers vintage avec une classe olympique, et Fitchie le mastodonte concocte des beats à se rouler par terre de bonheur.  Le dvd regorge de surprises, de clips, de jams géniaux, et même de recettes d'ors et déjà testées pour le bonheur des petits comme des grands (Palourdes flambées à l'espagnol, la cuisine à déguster par excellence en regardant ces vidéos). Il y a même un live au cabaret sauvage de Paris, avec une reprise de Sweet Dreams/Eurythmics en reggae qui justifie presque à elle seule l'achat du dvd. Bref, les fans de ce groupe culte vraiment à part adoreront, les autres aussi.

Samedi 5 mai 2007

La sortie d’un nouvel album des Improvisators dub est toujours un événement pour l’amateur de musique électronique averti. Avec ce nouvel opus, très attendu dans ce coin du Japon par quelques initiés, il semblerait que le quintet soit une fois encore au meilleur de sa forme. La première écoute est assez déroutante puisque le spectre sonore d’un dub anglais « steppa » se fait beaucoup plus sentir qu’auparavant. On recherche instantanément des sonorités plus acoustiques, avant que l’oreille fébrile ne trouve rapidement ses nouveaux repères. « Rrumble », grondement en anglais, est tout autant massif que rugissant et se taillera la part du lion avec la grâce d’un rouleau compresseur dans toute playlist dub qui se respecte.

D’entrée de jeu, l’influence du dub anglais et de ses claviers pompiers se fait sentir, ce qui pourrait bien ne pas plaire à tout le monde. Le son est en effet plus métallique qu’à l’accoutumée, plus électronique, plus synthétique. Mais il est ici question d’héritage, de transmission des savoirs, et les Improvisators dub font le pont entre le dub digital d’outre-manche et leur particularité résolument « live » typiquement française.

Et la formule prend comme à son habitude dés que l’effet de surprise est passé : on monte le son pour plonger tête la première dans l’un de leurs meilleurs albums. Dès les premières mesures de « Disciple of dub » et de son écho indélébile, on commence à réaliser que le disque va tourner non stop sur les platines pendant un bon moment. Les murs vibrent sous le poids des infra basses qui rappellent le départ d’un paquebot du salon alors qu’une bonne vieille rythmique aux bongos dont les Impros ont le secret vient vous hypnotiser sans relâche. A peine récupère t’on un peu qu’un mélodica complètement mystique surgit d’on ne sais où sur un chorus de piano joué à fond dans les graves pour le phénoménal « Ecological front » qui je dois bien l’avouer, est l’un des morceaux les plus incroyables qu’il m’ait été donné d’entendre. Belle surprise ensuite que « Good society ? » et son formidable « Rrrrrruuuuuuummmble ! » d’ouverture à l’aura aussi envoûtante que méditative, qui fait instinctivement penser à l’un des morceaux les plus inspirés d’Augustus Pablo.

On ne manquera pas de s’étonner également de l’étrange « Mokozombie », dub quasi disco et à ses parties de steel drum qui marque sans doute la naissance d’un nouveau genre.

Le meilleur reste cependant à venir avec l’enchaînement des 2 morceaux  « Time of decision » (mais d’ou sortent donc ces cloches ?) et « Time of  reflexion », version dub du précédent titre. La batterie martèle sans cesse une basse aussi ronde que puissante, sur un tapis de percussions obsédantes à souhait. Très fort.

Enfin, le summum de leur art est atteint sur le mirifique « West turn dub », qui justifie à lui seul l’achat de l’album tant il fourmille de détails à découvrir à chaque nouvelle écoute (voix spatiales, harmonica digne d’un Ennio Morricone, sons étranges, reverb éléphantesques…)

Vite, le suivant !

 

Mercredi 2 mai 2007

Mardi 6 février 2007

Mardi 19 décembre 2006

Oki "Dub Ainu Band" (2006) - Chikar Studio

Chaque nouvelle sortie du label d'Oki san est toujours un petit évènement en soi. Son nouvel album ne déroge pas à la règle, d'autant plus qu'il était annoncé avec un peu plus de publicité qu'à l'accoutumée dans les "Tower Records" de Sapporo. Chose rare, des flyers étaient même distribués à l'entrée des magasins, annonçant la nouvelle configuration du groupe et un "Japan Tour '07". Vu l'amnésie généralisée touchant la grande majorité des japonais dés qu'ils entendent le mot Ainu, il y avait de quoi être agréablement surpris. Et là, ce fut encore plus l'excitation en détaillant la fine équipe: à la production, l'excellentissime ingénieur du son de Dry & Heavy et de Little Tempo, Uchida Naoyuki et à la basse, Hirohisa, talentueux bassiste des sympathiques projets Dubbing Stone et Stoned Rockers. Il ne manquait plus que DJ DYE, live dj du meilleur groupe electro hip hop d'Hokkaïdô (Tha Blue Herb) pour enflammer la première partie de la tournée. Un programme presque trop beau pour être vrai! D'autant plus que le design de l'album, original à souhait, ne manquait pas lui non plus de mettre l'eau à la bouche: un bel ours hokkaïdois portant le drapeau Ainu dans une pause digne des meilleurs lions de Judas rastafariens. Ayant adoré le précédent opus, "Ainu Dub Deluxe", fort d'une maturité et d'un style enfin clairement démarqué, l'impatience fut vraiment grande les deux dernières semaines: l'album ultime était-il enfin là?

Et là, autant le dire de but en blanc, "Dub Ainu Band" n'est pas la révélation que l'on attendait. Si le premier morceau, East of Kunashiri, est excellent et laisse présager du meilleur, c'est une cruelle déception qui gagne l'auditeur à l'écoute nerveuse des 8 autres morceaux qui s'enchainent: il n'y a pas grand chose d'original dans cette production qui se perd dans une surproduction ryhtmique trop lourde et indigeste. Le dub n'est pas au rendez vous et c'est plutôt un déluge de percussions afros qui couvrent désespérement les vertus hypnotiques d'un Tonkori qui étouffe (mais pourquoi donc ce choix de djembés et de congas alors que des bongos auraient tellement mieux servi le propos?). C'est dur à dire, surtout lorsque l'on admire l'homme depuis les débuts, mais là, la sauce ne prend pas. Et le pire reste à venir, disons le tout de suite: le chant d'Oki est vraiment à côté de la plaque et tourne au franchement pénible passé le bénéfice du doute accordé aux premiers morceaux. "Samaikur inkar chashi" et son refrain en anglais "people against the natural" (!?!) est carrément ridicule.

Si les morceaux ne sont pas mauvais en soit (les musiciens sont bons), le métissage que l'on était en droit d'attendre entre dub, afro beat et musiques traditionnelles Ainu ne répond pas aux attentes du fan passionné (à part sur le vraiment trés réussi premier morceau, mélodique, progressif et hypnotique à souhait). On imagine facilement ce qu'un petit séjour dans les studios de Jarring Effect en France aurait donné et l'on s'en mordrait presque les doigts. Il ne reste plus qu'à attendre le concert (mais là c'est sans souçi vu le talent scénique de l'homme) et la sortie de la prochaine galette, que l'on espère à l'image des meilleurs compositions de ce trés grand musicien, jamais aussi bon que lorsqu'il joue ses instrumentaux tout en finesse et dans un cadre intimiste.

 

 

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