Chroniques Hokkaïdoises - 今昔物語
Hokkaido Ainu Nibutani, vieille série de cartes postales des années 60 accentuant l'étrangeté des aborigènes de Hokkaïdô. Relégués au stade de la nature, ces derniers faisaient partie d'un décor tout autant étrange qu'éloigné des assises de la culture japonaise traditionnelle.
Le site internet de l'université d'anthropologie de Missouri-Columbia vient de mettre en ligne une belle exposition consacrée à l'étude d'un rouleau de peinture Ainu-e de la fin du 18ème siécle. Ce genre pictural exclusivement développé par les japonais (et non pas par les Ainou) a duré plus d'un siècle et demi (début 18ème - 1876) et représente un élément incontournable de l'étude ce peuple mystérieux, notamment en ce qui concerne les us et coutumes et la vie religieuse ainou. Visite à cette adresse: http://anthromuseum.missouri.edu/minigalleries/ainuscroll/intro.shtml
Umeko Ando "Upopo Sanke" - Chikar Studio (2003)
Les "upopo" sont des chansons traditionnelles qui rythment depuis toujours le quotidien et les activités sociales des communautés Ainu de Hokkaïdô. Danses et chants revêtant une importance toute particulière dans la culture Ainu, ces upopo couvrent un large éventail de situations dont on peut savourer quelques uns des meilleurs moments sur cet album sensationnel. Umeko Ando, malheureusement disparue en 2004 des suites d'une longue maladie, est née dans le village de Fushiko, région de Tokachi, où elle fut immergée dés le plus jeune âge dans la culture de ses ancêtres. Elle est devenue une virtuose du mukkuri (guimbarde) et une personnalité incontournable de la communauté Ainu de Obihiro. L'essentiel des morceaux de "Upopo sanke" est chanté en Ainu et donnera aux auditeurs un bel aperçu des sonorités magiques de cette langue. On y évoque la joie et les difficultés du travail aux champs (en ce sens les upopo ne sont pas éloignés du blues afro-américain), l'importance pour les jeunes enfants de se coucher tôt afin de se lever avant les corbeaux qui pourraient bien leur picorer les fesses (Enkota hokkewa nisatta kun; Nano pashkur chish kora chi), ou bien encore comment encourager le soleil à revenir aprés une eclipse (Chup kamui e rai na, ho!). D'autres chansons sont des invocations magiques qui permettent au vent de se lever ou aux hommes de retrouver leur courage. Les accompagnements sont simples mais trés réussis (Oki est au Tonkori et d'autres invités comme les Tuva de Mongolie viennent pousser quelques beaux chants de gorge). Grand moment également que les 6 minutes de mukkuri improvisé sur fond d'orage hokkaïdois, qui font frémir d'émotion devant tant de beauté sauvage (Mukkuri howe he). Comme à son habitude, Chikar studio signe une production irréprochable. Un classique.
A noter que cet album fait suite à l'excellent "Ihunke", paru en 2001 sur le même label.
(Chef Xa'na du clan de l'ours (à droite) dont les tatouages du buste et du bras gauche illustrent le grizzly, animal sacré du clan. Sur l'avant bras, on peut également discerner un orque épaulard. Le deuxième homme en partant de la gauche est un chaman, connu sous le nom de Kudé, et porte le long tissu des chefs Haida. C'est l'unique photographie de chamans Haida connue à ce jour, 1881)
Un site vraiment incroyable entièrement dédié aux amateurs de dub et de roots music qui pourront s'amuser à créer eux-mêmes leurs morceaux sur des animations excellentes! Celle avec Mickey Dread est assez imparable, tout comme le studio d'enregistrement musical et ses instruments animés. Cerise sur le gâteau, les morceaux sont trés bien selectionnés et donnent envie de rester des heures à s'amuser.
Une des meilleures trouvailles de l'été!
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