Difficile de parler de la sensibilité japonaise sans évoquer les incontournables moments de chansons collectives au Karaoké. Tous, du plus jeune au plus vieux connaissent parfaitement les standards des années 70 à nos jours. Et lorsque l'on évoque le nom de Teresa Teng, Taiwanaïse sans doute un peu japonaise d'adoption, même le plus dur des chefs d'entreprise est aussitôt saisi d'un soubresaut d'émotion. Tout le monde reprend en coeur ces chansons d'amour décu, de romance impossible, de maîtresses qui se languissent de l'être aimé. Bref, ces mélodies douces-mères en disent long sur le sens dramatique des japonais, sur une certaine noblesse de l'échec indissociable de leur sens du devoir. Et sur leur passion immodéré du "wasurezaké" (忘れ酒), le saké de l'oubli que d'aucuns connaissent si bien ici.


