
"Je porte dans mes doigts le fard dont je couvre ma vie. Tissu d'évènements sans importance, je te colore grâce à la magie de mon point de vue. Une mouche que j'écrase entre mes mains me prouve mon sadisme. Un verre d'alcool vidé d'un trait me hausse au niveau des grands ivrognes de Dostoïevski. Et quand je serai saoul je ferai ma confession générale, en omettant bien entendu de dire comment, pour ignorer la banalité de ma vie, je m'impose de ne la regarder qu'à travers la lunette du sublime". Michel Leiris, "L'âge d'homme" (Folio, page 153).
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