
Kayano Shigeru, premier Ekashi Ainu a être entré au parlement japonais en tant que membre du parti socialiste (社会民主と) en 1994
Profitant d'une visite à Nibutani pour aider quelques amis Ainu à soutenir leur radio libre (FM ピパウシ) dont le principal responsable est le second fils de Mr. Kayano, Shiro san, une relecture des mémoires du plus célèbres des Ainu s'est imposée d'elle même. Les murs de la petite radio-amateur touchent ceux de la maison du maître, et les lieux sont fortement chargés d'une histoire de combat et de lutte pacifique qui n'a jamais cessé, même lors des plus violents moments de la répression subie par les Ainu.
Nibutani est l'un des foyers de la culture ainu contemporaine et le scandale politique récent de la construction d'un barrage dans cette région, qui a littéralement ensevelie des terres sacrées millénaires pour les Ainu malgré leurs protestations (scandale polique du "Nibutani Dam"), est encore trés présent dans les esprits. La majorité de la population est Ainu à Nibutani, et le nom de famille le plus courant est Kaizawa (貝沢) suite à la volonté officielle de les japoniser massivement.

Garde-manger traditionnel ainu pour protéger les victuailles des prédateurs, jardin de Kayano Shigeru
Depuis les années 70, Kayano Shigeru est l'une des figures de la lutte Ainu, réclamant le statut de minorité indigène pour son peuple, luttant pour le respect des droits de l'homme et faisant front contre toutes les injustices discriminatoires. Il a participé activement à l'élaboration d'une nouvelle loi concernant les Ainu (アイヌ文化のしんこ並びにアイヌのでんとなどに関する智識のふきゅおよび啓発に関する穂率, Ainu bunka no shinko narabi ni ainu no dento nado ni kansuru chishiki no fukyu oyobi keihatsu ni kansuru horitsu) immédiatement votée en 1997 aprés l'abrogation de celle du Hokkaido Kyudojin Hogoho -1899 (北海道きゅどじんほごほ). Sans trop entrer dans les détails, cette ancienne loi prônait tout simplement l'acculturation totale du peuple Ainu en le dépossédant de sa terre, en l'empêchant d'utiliser sa langue ou d'avoir recours à ses traditions, et en l'infantilisant. Tout fut mis en place pour encourager sa disparition définitive au sein de la population japonaise, ségrégation et fausses informations culturelles à l'appui (les Ainu furent longtemps considérés comme un peuple en instance de disparition par les chercheurs locaux ). L'acharnement du gouvernement nippon à vouloir faire disparaître les Ainu semble enfin toucher à sa fin.
Kayano Shigeru est un spécialiste de l'un des deux dialectes désormais majoritaires de la langue Ainu, le Tsushima, et ses publications de manuels scolaires sont des références en la matière. Il enseigne la langue aux jeunes enfants, dans plus de 12 écoles traditionnelles, possède son propre musée, et vient de publier un énorme dictionnaire Ainu/Japonais de plus de 14.000 entrées. Ses mémoires, traduites en anglais depuis 1994, s'intitulent Our land was a forest: an Ainu memoir (Boulder, Colo.; Westview Press). C'est un poignant témoignage, à la fois dramatique et superbe, d'une vie de lutte contre la volonté d'un état à faire disparaître les siens. Compte rendu dans un prochain article.
Commentaires
Bonne lecture et à bientôt, amitiés.
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Bonjour,
les deux ethnologues français les plus célèbres concernant les Ainu sont André Leroi-Gourhan ("Pages oubliées sur le Japon" ; "Un voyage chez les Aïnous 1938") et Georges Montandon ("Au pays des Aïnous" ; "La civilisation ainou et les cultures arctiques").
Jean Raspail dans un autre domaine a écrit quelques textes intéressants également: "Pêcheurs de lune, qui se souvient des hommes" dans un style plus romanesque.
Amitiés.